- Sur les traces de la soiepar Bénédicte Coral

Soyeuse, brillante et légère…
La soie est une matière textile naturelle dite d’origine animale : contrairement au lin ou au coton dont l’origine est végétale, la soie provient du cocon que fabrique la chenille du bombyx, soit « le ver à soie ».
Le fil de soie est un fil continu (contrairement au coton qui produit des fibres interrompues) d’une solidité excellente, comparable à un fil d’acier de même section. Rare, somptueuse, épatante par ses qualités techniques, la soie a toujours charmé les hommes et représente le luxe et la distinction. Nous vous proposons d’en savoir plus sur cette matière ancestrale à la beauté intemporelle voire inégalable.
Histoire de la soie
L’origine de la soie possède le charme d’un joli conte. On raconte en effet qu’une princesse chinoise aurait découvert la soie, 2700 ans avant JC, en faisant tomber dans sa tasse de thé un cocon de bombyx (le ver à soie, qui lui-même est la chenille d’un papillon) tombé d’un mûrier au-dessus d’elle. Un long fil se serait dévidé lorsqu’elle aurait tenté de récupérer le cocon…

La soie chinoise demeura un secret infiniment précieux et jalousement gardé pendant près de trois millénaires. Le ver à soie fut élevé dans le but de produire et de tisser la soie – un élevage que l’on appelle la sériciculture – et quiconque tentait de voler des vers à soie, des cocons ou même des œufs étaient condamnés à mort !
Forte de cette situation de monopole, la Chine commerçait avec le reste du monde. On a appelé « route de la soie » les chemins, traversant déserts et montagnes pour relier l’Asie à l’Europe, empruntés à partir du IIème siècle par les caravanes qui transportaient diverses richesses à des fins commerciales, dont la principale marchandise et la plus prisée était la soie.

Le monopole prit fin au VIème siècle lorsque deux moines envoyés par l’empereur Justinien cachèrent des œufs de vers à soie dans leurs bâtons de pèlerin et les ramenèrent jusqu’à l’Empire Romain d’Orient (ou empire byzantin), aux abords de la Méditerranée. Le mûrier et son ver à soie furent introduits dans l’ancienne Péloponnèse et en Grèce, mais c’est la Sicile qui maîtrisa réellement la première la sériciculture en 1440 et put alors produire la soie pour le reste de l’Europe (et en premier lieu pour l’Italie).
En France, la production de soie prit son essor sous Charles VIII qui fit planter des mûriers venus de Sicile et de Naples dans la région de Montélimar et encouragea les fabriques de soie de Lyon et de Tours par l’octroi de privilèges.
Charles VIII 
Henri IV Puis Henri IV, sur les conseils d’Olivier de Serres, fit intensifier la plantation de mûriers, fournissant aux agriculteurs gratuitement, plants et graines de mûriers, ainsi que les œufs de bombyx. En 1850, la sériciculture française atteint un très bon niveau et Lyon devint un haut lieu de la soierie.


Aujourd’hui, les pays asiatiques représentent environ 90% de la production de soie mondiale, avec en tête la Chine et l’Inde. Le leader historique est redevenu le premier pays producteur : la boucle est bouclée !
En Chine, pratiqués dans les provinces du Zhejiang et du Jiangsu près de Shanghai et à Chengdu dans la province du Sichuan, ont une longue histoire.
La soie ne représente cependant que moins de 0,2 % du marché mondial des fibres textiles : elle reste un textile rare, plus long et compliqué à produire que bien d’autres textiles. On estime qu’un article en soie coûte environ 20 fois plus cher que son équivalent en coton.
De la matière première à l’étoffe
Le mûrier, arbre indispensable à la sériciculture
Le mûrier blanc, petit arbre trapu au feuillage vert plus ou moins sombre, pousse à l’origine en Asie mineure. Ses feuilles sont l’aliment de base du Bombyx Mori, le fameux ver à soi sur qui tout repose…



L’élevage des vers à soie
On élève les vers à soie dans des chambres chauffées appelées « magnaneries » selon un terme issu de l’occitan, la culture de la soie ayant commencé en France dans le Midi. Les magnaneries ressemblent à des casiers posés les uns au-dessus des autres, constitués de claies de roseaux.
Les œufs des vers à soie sont placés sur les claies, et la chaleur les fait éclore. On nourrit ensuite les vers à soie avec les feuilles du mûrier blanc, leurs croissances est d’un mois environ, puis ils entament la création de leurs cocons grâce à une bave sécrétée par des glandes situées le long de leurs corps. Le cocon sera achevé après deux jours. Lorsque les chenilles ont formé les cocons qui donneront la soie, il faut étouffer les cocons après ramassage par l’action d’une chaleur plus élevée. On procède alors au tirage du fil de soie. Par extension, le mot magnanerie désigne non seulement les chambres d’élevage des bombyx mais aussi les bâtiments complets dédiés à l’élevage des vers à soie.


Le tirage du fil de soie
On fait chauffer une bassine de cuivre plate et remplie d’eau, contenant les cocons, afin de dissoudre la gomme naturelle collée au fil de soie que l’on appelle le grès. On bat les cocons dans la bassine avec un petit balai de bouleau ou de bruyère (ou de paille de riz en Chine) et il devient possible de faire sortir les premiers fils des cocons appelés la bave et de dévider la soie. Chaque cocon ne donne qu’un seul fil continu.



Le fil de soie grège
Le fil de soie que l’on extrait directement du cocon est à la fois très fin et très long (jusqu’à 1000m !). On réunit une dizaine de ces fils originels pour former ce qu’on appelle le fil de soie grège, un fil plus épais et robuste, difficile à rompre. Les fils fins ayant été réunis pour donner le fil de soie grège se sont naturellement soudés entre eux lors du refroidissement grâce au grès. La soie grège est enroulée sur des dévidoirs. Puis, on en fait des écheveaux ou « flotte » : c’est le fil qui propre à être tissé. On peut aussi tordre le fil sur lui-même ou tordre plusieurs fils ensemble pour les assembler afin de constituer un fil plus fort : cela s’appelle le moulinage.
Le tissage de la soie

Métier à tisser en inde 
Navette et canette 
Métier à tisser Les fils de soie sont montés sur un métier à tisser pour constituer « la chaîne » du tissage : une nappe de fils parallèles verticaux. La trame est apportée dans le tissage au moyen d’une « cannette », petite bobine insérée dans une « navette » en bois qui permet de distribuer le fil horizontalement dans le tissage, soit perpendiculairement à la chaîne. Les fils de chaine doivent être suffisamment solides pour supporter l’action du peigne du métier à tisser qui tasse les fils de trame au fur et à mesure de leur incorporation au tissage. C’est pourquoi ils doivent avoir subi préalablement l’étape du moulinage qui les renforce.
Les utilisations de la soie
En habillement

La soie est utilisée en habillement féminin et masculin, le contact de la peau avec la soie est agréable et sain car la soie ne provoque pas d’allergie et s’avère thermorégulatrice (chaude en hiver, plus fraîche en été). Bien sûr, le prestige de la soie la prédispose aux univers du mariage et de la haute couture. On peut enfin en faire des carrés et foulards (le fameux carré Hermès…), des paréos luxueux et des pochettes textiles à glisser dans les poches poitrine des vestes masculines.
Robe en soie et gants du soir Christian Dior, présentée au musée d’Art d’Indianapolis.
En tissu d’ameublement

Le tissu d’ameublement est enfin un débouché considérable pour le tissage de la soie. Il a fait la réputation de la ville de Lyon (on parle de soyeux lyonnais, de soieries lyonnaises…). On trouve le plus souvent les tissus d’ameublement de soie dans les châteaux et les demeures les plus prestigieuses. Les fabricants historiques reproduisent à l’identique des tissus d’ameublement anciens en soie pour la restauration du patrimoine, par exemple pour le château de Versailles, le Palais de l’Elysée…
- Sur les traces du lin, à la découverte de son succès…par Bénédicte Coral

C’est parti pour un petit voyage dans le temps !

Un textile simple, naturel et polyvalent, apprécié dans le monde entier pour ses vertus et sa beauté légendaire et très prisé à l’époque de la haute antiquité égyptienne.
Sous sa forme tissée, le lin était employé en Égypte il y a 8000 ans pour les bandelettes des momies ; le textile étant imputrescible ; et les vêtements ; à cause de sa blancheur, il symbolisait la pureté.
Les navigateurs phéniciens ont acheté le lin en Égypte et l’ont fait connaître en Grèce, en Italie, en Irlande, en Angleterre, en France… Partout, le lin a été apprécié pour son côté extrêmement pratique, multi-usages, les utilisations de la plante étant très variées.

Toiles de lin de voiles de la flotte romaine
500 ans avant J.C., des toiles de lin servaient de voiles pour la flotte romaine, tandis que d’autres, tissées très épaisses puis imbibées d’huile de lin et durcies à l’air, étaient utilisées par les Étrusques en tant “qu’armures” de combat. La technique du durcissement du lin a aussi donné lieu à la fabrication de récipients.
Bien avant Jules César, la culture du lin en Gaulle était très répandue.
On sait aussi que Charlemagne a renforcé l’artisanat autour du lin car il en était un fervent amateur. Il imposa même, sous forme écrite dans son livre de loi, que le lin soit filé à la cour et que chaque ménage de France se procure l’outillage nécessaire pour le travailler.

Au 13ᵉ siècle, à Cambrai dans le nord de la France, un certain Jean-Baptiste de Cambrai mit au point une technique de tissage d’une grande finesse qui donna lieu aux toiles de lin appelées « les Batistes », des toiles d’une qualité et d’une beauté telles qu’elles rencontrèrent un franc succès à travers le monde, et s’illustrèrent en linge de table, habillement, mouchoirs…
À l’époque de la Renaissance, la tenue quotidienne ou toilette devient plus raffinée, et l’on sait que le mot “toilette” provient de l’ancien français « thieulette », désignant alors un lin léger utilisé pour les chemises.
En 1917, Philippe de GIRARD déposa son premier brevet au sujet de la filature du lin et inventa la première machine à peigner le lin.
Le lin est considéré comme le plus vieux textile de monde, et nous avons pu voir comme il a été apprécié et utilisé de tout temps et sur tous les continents. Aujourd’hui encore, il suscite un engouement particulier, bien mérité au vu de ses nombreuses qualités.
Il est majoritairement cultivé dans le nord de la France (pays N°1 mondial en termes d’hectares consacrés au lin), en Belgique et aux Pays-Bas.
Dès demain nous parlerons davantage de son parcours pour devenir cette matière multiusage.

La plante de lin
Parcourons ensemble tout le parcoure du lin, de la plante à la fibre pour finalement devenir ce textile tant apprécié…
Le lin possède une croissance rapide avec cent vingt jours nécessaires à ce que la plante atteigne sa hauteur maximale d’un mètre environ.
Au sommet de la tige éclot autour du quinze juin une fragile fleur mauve, bleue, blanche ou rose pâle. La récolte du lin a lieu un mois plus tard, après la floraison, lorsque le lin vire au jaune. On procède alors à l’arrachage, puis au rouissage, le teillage, le peignage et la filature.

Le rouissage
Une fois le lin arraché (on parle de « pailles » de lin), il est étalé sur le sol du champ, où les bactéries et l’humidité désagrègent la partie externe des tiges qui entourent les fibres, ce qui favorise l’extraction des fibres à l’étape suivante, dite du teillage. Le lin est retourné en cours de rouissage, pour que le rouissage soit homogène. Une alternance d’humidité, pour attaquer les tiges, et de vent, pour les sécher, est idéale pour un bon rouissage. Avant, le rouissage se faisait directement dans un bain d’eau, mais le procédé a changé pour des raisons écologiques et économiques.

Le teillage
Les pailles de lin rouies (ayant subi un rouissage réussi) sont broyées et battues pour éliminer les résidus tels que le bois (appelé anas) et l’épiderme des tiges. Les fibres se trouvent ainsi séparées et récupérées. On distingue des fibres longues, soit les fibres les plus qualitatives du lin, que l’on appelle aussi « lin teillé », et des fibres courtes appelées étoupes, que l’on valorise comme un produit mineur mais complémentaire des fibres longues. Les fibres sont ensuite répandues en nappe chez l’agriculteur puis lavées. Notons au passage que les graines de lin ont également été soigneusement mises de côté.

Le peignage et la filature
Afin d’être utilisables par l’industrie du textile, les fibres de lin doivent être filées. Pour préparer la filature, on peigne d’abord les fibres, c’est-à-dire qu’on les rend plus parallèles. Le lin n’est pas filé de la même manière que le coton, aux fibres plus élastiques, globalement plus longues, et plus homogènes. On a recours pour le lin à des techniques de filature spécifiques, que l’on applique selon le type de fibres à filer, et en particulier selon la longueur des fibres. Pour les fibres de lin longues c’est-à-dire le lin teillé, on utilise la filature au mouillé. Les fibres longues sont réunies en mèche légèrement torsionnée et étirée sous l’eau pour ramollir les « ciments » naturels. On obtient des fils précisément dissociés, donc fins, lisses, réguliers, hautement qualitatifs. La filature au sec convient essentiellement aux étoupes.
Les fibres courtes sont étirées sans eau, et filées avec approximativement le même matériel que pour de la laine. Les fils obtenus sont plus grossiers que les fils issus de la filature au mouillé, car on n’a pas pu diviser aussi bien les fibres en fibres unitaires. Enfin, la filature dite « du circuit des mélanges » s’applique lorsqu’on veut mélanger intimement le lin à une autre matière (lin/soie, lin/laine, lin/coton…) et obtenir un fil qui ne sera pas 100% lin mais trouvera d’autres atouts : plus chaud pour l’hiver avec la laine, adapté aux tenues de soirées avec la soie, moins froissable avec de la viscose…
L’utilisation du textile de lin

Dans l’habillement
L’habillement vient très largement en tête de l’utilisation du lin en textile. Le lin a depuis longtemps fait ses preuves en tant que matière représentant un bien-être au porté incomparable : il absorbe l’humidité, reste frais l’été, est intrinsèquement antibactérien et hypoallergénique.
De plus, sa résistance est immense : un vêtement en lin dure deux fois plus longtemps qu’un vêtement en coton : il ne peluche pas, ne se déforme pas. On peut aussi bien le tisser pour en faire des chemises que le tricoter pour en faire des T-shirts, ce qui dans ce dernier cas lui confère une souplesse et une élasticité parfois insoupçonnées des consommateurs qui le voient souvent comme un textile raide.

Dans le textile d’ameublement
Dans le domaine du textile d’ameublement, c’est-à-dire le textile que l’on dédie à la décoration d’intérieurs, le lin représente le naturel qui nous apaise et dont on aime s’entourer. Rideaux, coussins, linge de lit, linge de table et linge d’office (torchons…) utilisent le lin pour son image de noblesse, sa simplicité intemporelle, son élégance, sa résistance, sa durabilité. On dit que des draps en lin favorisent un bon sommeil.
Depuis quelques années, le lin lavé (qui subit des prélavages avec adoucissants, pour une usure de surface maîtrisée donnant « une patine ») à la côte : il valorise le « froissé » du lin en une matière cabossée, irrégulière, d’autant plus vivante et sensorielle ; il renouvelle l’aspect visuel et le toucher.
Enfin, le lin confère aux couleurs une vivacité et une profondeur exceptionnelles : on parle d’une bonne affinité tinctoriale pour apprécier le fait qu’avec peu de teinture, le lin absorbe très bien la couleur et la magnifie.
La valorisation des parties de la plante de lin non utilisées pour le textile…
Le lin est une plante très intéressante sur le plan écologique, non seulement parce que sa transformation pour le textile et sa teinture qui sont économes en eau et très peu polluantes, non seulement pour son bon niveau de recyclage, mais aussi parce que dans la plante de lin, tout peut être exploité, valorisé de façons variées. Ainsi, au-delà du textile, le lin devient de l’huile de lin (utilisée en peintures, vernis…), on consomme les graines de lin, on utilise les étoupes de lin pour constituer des non-tissés (nappes de fibres liées par aiguilletage, cohésion ou couturage), les anas (déchets de la plante apparentés à du bois) sont mis à profit pour créer de l’énergie…
Avec le lin, rien ne se perd, et derrière un produit principal se cache de nombreux sous-produits !
Vous en savez désormais plus sur la plante de lin, son histoire riche et ses utilisations très étendues. Le lin est issu d’une culture de proximité précieuse, et porte dans ses fibres une aventure humaine très ancienne et toujours actuelle. Après des siècles de tradition artisanale, le lin représente une intarissable source d’innovation soutenue par des investissements en recherche et développement, au titre de ses vertus et de ses bénéfices sur les plans écologique et de bien-être. Le lin est inspirant pour les stylistes et les designers, possède nombre d’arguments pour charmer le consommateur, se positionne comme très performant sur le plan technique.Alors succombez sans retenue à cette matière qui a tout bon !
https://youtube.com/shorts/8giwwubEHyQ?feature=sharehttps://youtube.com/shorts/qWDC8zvfOwM - Le waxpar Bénédicte Coral
Voyage au Sénégal…
Bon, vous l’imaginez bien, je ne suis pas rentrée les mains vides, acheteuse compulsive de tissus comme je suis ! 😉
C’est toujours chouette pour moi de ramener un bout du pays dans lequel je me suis rendue et qui plus est de pouvoir en faire quelque chose d’unique ainsi que de le proposer à mes clients en fonction de leurs projets.
Le style de tissu le plus répandu en Afrique de l’Ouest, c’est le wax bien sûr !
Wax signifie « écrit à la cire »



Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le tissu WAX n’est pas originaire d’Afrique.
À l’origine, c’est à Java en Indonésie que l’on a créé cette étoffe pleine de caractère appelée le Batik. Le batik est propagé grâce aux hollandais qui le ramènent des Indes orientales néerlandaises, car l’île de Java appartenant alors au royaume de Hollande depuis 1800.



Les colons hollandais en ont importé de nombreuses pièces sur le continent africain. Ce tissu a eu un succès phénoménal en Afrique de l’Ouest et s’est répandu au point de devenir un symbole identitaire sur tout le continent.



Paradoxalement, 90% de la production de WAX se trouve aux Pays-Bas et non en Afrique de l’Ouest. D’autant que cette production massive du WAX occulte quelque peu la richesse des tissus africains traditionnels.
Batik est un mot javanais, qui a la même origine que le mot tiktik, qui signifie point. Les origines du Batik remontent à plus de 1 000 ans. Il s’agit d’une technique d’impression d’étoffes réalisée à la main, pratiquée dans des pays tels que le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Togo, la Chine, la Malaisie, l’Indonésie, l’Inde, Maurice, Madagascar, le Sri Lanka, etc.



« Le Batik indonésien », à l’origine essentiellement produit sur l’île de Java, a été inscrit en 2009 par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Le procédé est aussi appelé « en réserve de cire », ou « coloration par épargne ».
Des procédés complémentaires peuvent être utilisés : emploi d’un fer chaud pour ôter la cire aux emplacements d’une coloration, souvent pour faciliter le copiage de motifs répétitifs, simple brisure de la cire pour obtenir de fines lignes, grattage partiel pour obtenir des dégradés, etc.
Finalement, on obtient un tissu où se mêlent différents tons ou contrastes juxtaposés ou superposés, formant toutes sortes de motifs.



Après avoir fait le tour des origines du Wax, nous terminerons ce voyage sur son évolution et ses caractéristiques.
Le wax passe des messages…
Le wax n’est pas seulement le tissu du vêtement, il est certes choisi pour ses motifs colorés mais c’est aussi un signe de reconnaissance sociale et un véritable support de communication non verbal.
Les grands événements de la vie : fiançailles, mariage, baptême, funérailles, fêtes nationales… sont marqués par la « sortie » d’un nouveau modèle.
Chaque motif a une signification et en le portant, on « parle » aux autres.
Des noms sont d’ailleurs donnés aux modèles :
— Avec le tissu wax appelé « feuille de gombo » la femme qui le porte met en avant le fait qu’elle a beaucoup épargné pour se l’offrir et qu’elle est quelqu’un qui fait des efforts pour obtenir ce qu’il veut.
Jusqu’aux années 80, c’est la communauté africaine étrangère qui portait du wax en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens s’habillaient comme les Européens.
Ce n’est qu’après 1980 que la styliste béninoise Gisèle Gomez lance la mode du wax en créant un grand nombre de vêtements avec ce tissu. La nouvelle se propage dans toutes les capitales des pays ouest africains.
Le styliste Pathé O a ensuite habillé Nelson Mandela et le Roi du Maroc avec ses chemises en wax alors que ce n’était pas encore « la mode. »
C’est finalement la Côte d’Ivoire qui aura mis le wax à la mode.
La renommée du wax dépasse les frontières de l’Afrique, et ce tissu se rencontre un franc succès non seulement dans tous les pays africains mais aussi en Europe.
De nombreux stylistes et marques s’emparent aujourd’hui de ce tissu coloré comme Gille Touré à Abidjan, Natacha Baco à Paris, Panafrica ou encore ma très chouette collègue NKréa… Il y a aussi de nombreuses artistes parmi lesquelles Lupita Nyong’o, viola Davis ou bien Alicia keys.






Voilà, vous en connaissez désormais davantage sur le wax et son histoire bien colorée et son périple intercontinental finalement.
Il y a deux ans je vous avais dit vouloir faire un article sur le wax, voilà chose faite.
https://youtu.be/cuR4bDhX2Ag - Tissu Shema, le trésor caché des Éthiopienspar Bénédicte Coral
Le Shema est le textile de coton le plus ancien de l’industrie éthiopienne.

Il s’agit d’une étoffe traditionnelle filée à la main et confectionnée sur des métiers à tisser.
La densité du Shema varie selon le tissage. Toutefois, la plupart du temps, le tissu est léger et utilisé dans de nombreuses couches de couvertures (appelées Gabi) ou de vêtements.
Le fait d’avoir de multiples couches de Shema légèrement tissées dans un vêtement ou un article particulier permet de conserver l’air dans le tissu. Ainsi, la parure garde le porteur au chaud sans être pour autant encombrante.
Pour fabriquer le Shema, les artisans éthiopiens utilisent un coton trié minutieusement. Par la suite, ils teignent le matériau à la couleur désirée et le tissent pour créer des pièces particulières. Traditionnellement, les vêtements sont brodés à la main. Aujourd’hui, il est possible de reproduire un certain nombre de motifs ancestraux à la machine.
Le Shema en coton blanc est l’un des vêtements les plus importants de l’histoire culturelle de l’Éthiopie. Le châle semblable à une toge est porté par les hommes et les femmes. On s’en sert également comme couverture et même comme linceul pour les morts. La manière de porter le Shema pourrait communiquer l’humeur, l’attitude et l’intention.
L’histoire du Shema fait partie d’une plus grande saga du coton qui couvre le monde et remonte aux temps anciens…
La production du coton en Éthiopie date de plusieurs millénaires. En effet, les artisans locaux récoltent un coton blanc doux et moelleux à basse altitude dans les zones rurales. Pendant longtemps, la fabrication de Shema est au cœur des activités économiques en Éthiopie. L’engouement des artisans est tel que le pays devient très vite le foyer principal des textiles en Afrique de l’Est.
Le Shema est très populaire en Éthiopie. En effet, la quasi-totalité des Éthiopiens arbore l’étoffe avec fierté. Dans le pays, le Shema se porte sous forme d’enveloppements complets, de robes, de châles ou de ceintures.
Le textile de coton permet aussi de confectionner la Natella, un châle très répandu dans la culture éthiopienne. La Natella est une parure légèrement tissée avec une bordure fortement cousue à double fil de couleur vive à chaque extrémité. En Éthiopie, les femmes la portent en ceinture ou châle sur leurs robes traditionnelles Kemis. Il leur arrive aussi d’assortir leur Natella avec des vêtements de style occidental.
En Éthiopie, le filage est appris et pratiqué par la plupart des classes sociales. C’est d’ailleurs considéré comme une activité à la mode et appropriée pour les femmes nobles jusqu’au XXe siècle.
À cet effet, les vêtements ont défini le rang et le statut dans cette société hiérarchique et complexe. Par ailleurs, des guildes de tisserands, brodeurs et tailleurs spécialisés travaillaient pour les élites religieuses et politiques.
Comment les artisans éthiopiens fabriquent-ils le tissu Shema ?
La tradition de la préparation du coton brut éthiopien existe depuis l’antiquité et est encore largement pratiquée. L’égrenage, le cintrage et le filage sont les trois processus impliqués.
Dans le passé, les graines de coton sont retirées de la capsule en tapotant la fibre de coton étalée sur une pierre plate avec une tige de fer appelée Medamager. Ensuite, les artisans préparent le coton pour le filage en créant des nuages de fibre de coton pelucheuse. Les fuseaux tombants servent à filer le coton et sont encore utilisés aujourd’hui avec les rouets.
Dans les zones rurales, on retrouve encore des artisans du textile utilisant ces anciennes méthodes de production. Le métier à tisser à double pédale (parfois un métier à fosse), utilisé historiquement, continue d’être le métier de choix aujourd’hui. Les tisserands de Shema, quant à eux, sont généralement des hommes.
Comme l’industrie cotonnière éthiopienne est assez importante, de nombreux designers locaux utilisent le Shema dans leurs vêtements. À l’heure actuelle, plusieurs entreprises, auteurs locaux fabriquent des vêtements et des articles ménagers modernes d’inspiration traditionnelle à partir du Shema.
Une industrie du coton forte et dynamique existe toujours en Éthiopie. Aujourd’hui, de grandes et petites exploitations, privées et publiques, y compris des coopératives artisanales, créent de beaux textiles luxueux à partir de Shema.
Source : Le Shema, le trésor caché des Éthiopiens.
https://youtube.com/shorts/1N9VeOOEkLA?feature=share - AFRICA MY LOVEpar Bénédicte Coral
Story Behind…
L’histoire de cette Collection Capsule...Une collection bien particulière à l’histoire très singulière.
Je souhaite au travers de celle-ci vous faire découvrir une autre facette de la marque, pour cela il nous faudra creuser dans ses racines profondes.
Etes-vous prêts ?
Attachez vos ceintures car nous allons voyager un peu !
Cette collection se veut très créative (comme toujours cher Atelier Esther Créations) mais pas seulement…
Je vous emmène avec moi vers de nouveaux horizons…
Quelques escales s’imposeront sur notre parcours…
Du Mali Au Ghana en passant par la Cote d’Ivoire, le voyage sera chaleureux et exotique !
J’ai vivement souhaité au travers de cette Collection renouer avec les différentes racines qui sont miennes et en faire quelque chose de très créatif.
C’est pour moi une manière d’honorer mes sources tout en gardant la french tache et l’ADN Atelier Esther Créations !
Ne cherchez pas trop loin dans le style de ces modèles, vous n’y trouverez ni wax ni autres tissus plus traditionnels africain…. (Ceci dit au passage, le Wax n’a jamais été un tissu africain, cela fera l’objet d’un autre article.)
Dans le style, les formes, j’ai fait le choix de rester très simple avec des couleurs « nude » ; mais pas trop quand même, la marque de fabrique originale et unique reste présente !
J’ai décidé de partir sur de nouveaux modèles, tout penser de A à Z pour l’occasion.
Croyez-moi si vous le voulez, le plus difficile n’a pas été d’imaginer les modèles ou même les assortiments des matières / couleurs ou encore la fabrication en elle-même ….
Non !
Le plus compliqué a été de trouver un nom à cette collection, oui oui…
Et pourtant « AFRICA MY LOVE », une évidence bien sûr !
J’ai souhaité vous embarquer dans mes rêves d’évasions et faire découvrir non pas des lieux connus de ces beaux pays mais des lieux un peu plus insolites, dont seuls les plus voyageurs ou locaux vous en diraient bien plus que ce que je vais vous en raconter…
Ce sera ma propre perception et ce que ces lieux m’ont évoqués.
Bamako, Acra ou bien Abidjan, je pense que vous connaissez, mais allons rechercher les belles choses cachées que nous réserve l’Afrique…
https://www.youtube.com/watch?v=QL0Cgnqg8oISikasso au Mali : « Maison des l’éléphants », Sika = l’or.
Un lieu remplit d’histoire…

Sikasso 

Tata de Sikasso La ville fut fondée au début du XIXe siècle. Elle fut la capitale du royaume du Kénédougou.
Un tata (muraille défensive) y fut construit (1890) afin de protéger la ville contre les attaques extérieures. Ma passion pour l’histoire m’a saisie dans cet endroit !
C’est pour cette raison que j’ai décidé de nommer ce sac seau du nom de cette ville.
Koutiala au Mali : Baptisée la « capitale de l’or blanc » en raison de la production de coton dans la ville et les alentours.

La terre rouge 
Marché du coton à Koutiala 
Coton On retrouve la douceur du coton dans le choix de la suédine, les poignées en bois renforcent ce côté naturel.
La bande verticale à l’avant et à l’arrière du sac rappelle la belle couleur rouge cuivrée si caractéristique de la terre.
Tema « ville de la calebasse », au Ghana (ville non loin d’Accra) : A l’époque ce pays est désigné comme : « Une terre où l’or brillait comme des plantes dans le sable… »

Carte Empire du Ghana 
Fruit du calebassier 
Objets en calebasse On peut retrouver des caractéristiques dans le choix des tissus de ce sac. Entre les quelques détails à l’extérieur et l’intérieur avec de belles matières dorées et la simplicité du reste du sac qui peut rappeler le sable.
Pour ceux qui se posent la question, qu’est-ce qu’une Calebasse ?
La calebasse est un grand fruit, qui sèche peut servir de récipient ou à divers objets.
Man « La ville aux 18 montagnes », en Côte d’Ivoire : une ville au milieu d’une région magnifique.
Une végétation luxuriante et de magnifiques points d’eaux.
L’évasion sera garantie !
La région vit principalement de son agriculture bois, cacao, café destinée à l’exportation.
Mais on y travaille aussi les pierres et les métaux précieux pour l’exportation également.
J’ai nommé la petite sacoche banane, en l’honneur de ce beau lieu.

Man « La ville aux 18 montagnes » 
Cascade de Man 
La Dent de Man 
Pont de liane de man 
Région du Tonkpi 
Cacaoyer Cette Collection est en fait réellement à l’image de sa créatrice, multiculturelle !
Ce court périple aux nombreuses escales était pour moi la manière la plus créative de livrer un peu plus de moi tout en honorant la terre qui m’a vue naitre. J’ai mis dans cette collection toutes mes tripes… et j’espère que vous saurez accueillir avec engouement cette collection à l’âme si singulière.
C’est donc avec un immense plaisir que je vous laisse découvrir la collection « AFRICA MY LOVE ».
Pour moi source de fraîcheur et de renouveau, un véritable retour aux origines !
Cette Collection apporte réellement un nouveau souffle à la Marque.
Un vent nouveau se lève au-dessus d’ATELIER Esther Créations !
Bénédicte
https://www.youtube.com/watch?v=xkZ2S-dL2oM